Argens-Minervois (Aude) : quand Clochemerle harcèle ses agents

Publié le 16/07/2014

Argens-Minervois, sympathique village de 400 âmes, son château, sa mairie, et ses 5 agents sur les 7 mis en arrêt de travail par la médecine du travail, leur santé étant gravement mise en danger du fait des agissement de l’adjointe au maire.

Ce jeudi 3 juillet, une équipe du syndicat Interco 11 manifeste devant la mairie d’Argens-Minervois devant les caméras de France3. Les militants menés par Odile Demol, la Secrétaire Générale du syndicat, distribuent une lettre ouverte aux 380 habitants de ce village de l’Aude. Le syndicat y dénonce le comportement de la 1ère adjointe au maire qui – pour des raisons connues d’elle seule et de sa famille venue à sa rescousse – a amené la médecine du travail à mettre en arrêt de travail pour un mois, 5 des 7 agents de la commune dont l’état de santé est gravement atteint par les pressions psychologiques dont elle est l’auteure.

Des deux autres, l’une est en congé parental et l’autre est un proche de cette adjointe…

Mme Bourges – c’est elle – a quitté en 2000 la région parisienne où elle exerçait en tant qu’Atsem pour rejoindre le village familial où elle est élue une première fois dans l’équipe municipale. Elle se voit confier le poste d’ajointe chargée du personnel. Las ! Ses rapports avec le personnel deviennent vite exécrables à tel point qu’à l’issue des dernières élections le maire, René Lazes lui retire cette délégation.

Depuis, à leurs dires confirmés par le maire et le nouvel adjoint chargé du personnel, les agents retrouvent une certaine sérénité et reprennent goût à leur travail mais c’est sans compter avec le zèle de Madame Bourges. Les agents sont surveillés en permanence, convoqués en mairie, réprimandés, humiliés, jusqu’à ce que la médecine du travail s’en mêle comme on le sait.

« Je les ai rencontrés à l’issue de leur rendez-vous à la médecine du travail » nous dit Odile, « ils en tremblaient, certains avaient du mal à s’exprimer. »

Interpellé à plusieurs reprises par le syndicat, le maire avoue son impuissance à calmer ce sale jeu qu’il réprouve. C’est que son adjointe a coalisé une majorité des 10 conseillers municipaux contre lui !

Alors que les militants CFDT interpellent la population en cette matinée du 3 juillet, Mme Bourges  entourée de ses amis s’en prend vertement aux militants présents secondée par un ami à elle, (M.B.  était conseiller municipal dans la ville où elle travaillait en région parisienne), lequel interpelle hargneusement Odile. « Je n’ai encore jamais été confrontée à une telle agressivité » nous confie-t-elle encore bouleversée. « Pour lui, défendre ces fainéants était honteux, j’étais la honte de la CFDT, une organisation dont il se vantait d’avoir détenu une responsabilité nationale[1] ! »

À tel point que des militants ont dû s’interposer avant que la situation ne dégénère.

Jean-Luc Fraisse, le secrétaire de l’UD confie le fond de sa pensée à la presse présente sur place « L’objectif de cette élue est qu’ils s’en aillent. Par expérience, l’on sait que le harcèlement est fait pour que l’employé démissionne. Surtout que nous sommes là dans des cas de répétitivité.[2] »

On ne peut que lui donner raison et en général c’est pour donner la place à d’autres…

Interrogé par France3, monsieur le Maire désabusé, en appelle au dialogue pour en sortir et souhaiterait vivement que l’on parlât de son village pour des sujets moins négatifs.

Nous aussi.

[1] Décidément ! Google nous apprend que ce monsieur qui sur son blog politique se vante de défendre les valeurs d’humanisme et les droits de la personne, cadre supérieur, a été délégué syndical central CFDT d’EADS…

[2] Interview de La Dépèche du 04/07/2014

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