29 janvier : La montée de sève !

Publié le 06/02/2009 à 00H00 (mis à jour le 15/02/2009 à 18H09)
Succès de la mobilisation du 29 janvier mais derrière les inquiétudes sur l'emploi, les agents du service public manifestaient aussi contre une politique qui les subordonne davantage au service du gouvernement qu'à celui du public. Vivement le printemps !

29 janvier : La montée de sève !
29 janvier : La montée de sève !
Succès de la mobilisation du 29 janvier mais derrière les inquiétudes sur l'emploi, les agents du service public manifestaient aussi contre une politique qui les subordonne davantage au service du gouvernement qu'à celui du public. Vivement le printemps !

 

Formidable mobilisation dans toutes les régions ce jeudi 29 janvier comme à Paris où le cortège CFDT du patienter plus de quatre heures dans le froid avant de pouvoir entamer la longue marche vers l’Opéra. La petite histoire retiendra que, ce jour là, notre fédération inaugurait son gros ballon dans le ciel parisien où l’on pu assister à d’inédites étreintes aériennes entre les fédérations SGEN et Interco qui défilaient côte à côte. Mais que retiendra la grande histoire ? Il est trop tôt pour le dire si ce n’est d’abord l’émergence d’un désir de s’extraire d’une sorte de torpeur impuissante dans laquelle semblait avoir plongé le corps social depuis l’élection de Nicolas Sarkozy.

Surtout, c’est une grande inquiétude qui s’est exprimée. Sur l’emploi, le pouvoir d’achat, l’avenir du service public et derrière, sans le dire vraiment, une grande interrogation sur l’avenir du modèle de société qui est le nôtre.

Face à la crise économique, nous ne sommes déjà pas égaux et reconnaissons que les titulaires de la fonction publique ne sont pas les premiers exposés à ses effets délétères. Les jeunes, les femmes, les intérimaires, les salariés des entreprises en sous-traitance, de l’industrie, du bâtiment et des services craignent à juste titre pour leur emploi. Mais peut-on incriminer la crise lorsque l’État dans le même temps, non satisfait de ne pas remplacer ses agents qui partent à la retraite, met fin abruptement aux contrats de ses agents non-titulaires et recrute désormais des contractuels sur des contrats courts ?

Que dire des négociations salariales, la refonte des grilles enlisées dans les sables de Bercy et la revalorisation du point d’indice abandonnée au profit de dispositifs indemnitaires centrés sur la productivité des agents au service de la politique gouvernementale bien plus que de leur investissement au service du public ?

Incroyable tout de même qu’il faille une catastrophe climatique comme en 99 pour que les agents des services publics renouent avec plaisir et empressement avec ce qui fait l’essence de leur mission : le service du public. Nul doute néanmoins qu’il se trouvera bien quelqu’un pour en tirer un indicateur de performance. Le nombre de troncs d’arbres déracinés sciés par jour et par agent par exemple et à la clé, une prime pour les meilleurs lors de la prochaine tempête pendant qu’on y est ? Pour ce qui nous concerne, ne nous laissons pas abattre. En dépit des rigueurs de l’hiver, notre présence dans les rues jeudi dernier témoignait d’une montée salutaire de sève revendicative. Vivement le printemps !

Olivier Mourot