Communiqué de l'intersyndicale des écoles d'art territoriales

Publié le 28/02/2020

Dernier appel avant la grève

Depuis trois années, l’Intersyndicale des écoles supérieures d’art territoriales — Snéad-CGT, SUD CT et CFDT — oeuvre à une solution de sortie de crise des écoles supérieures d’art et design publiques.

Après de multiples rendez-vous auprès des différents ministères de tutelle (culture, collectivités territoriales, enseignement supérieur...) et avoir alerté les parlementaires des deux chambres puis obtenu une mission flash de la Commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale, nos organisations syndicales font de nouveau le constat d’une impasse dans la résolution du dossier.

La Mission flash, pilotée par les députées Fabienne Colboc et Michèle Victory, a confirmé le diagnostic fait depuis longtemps dans différents rapports sur la situation statutaire des enseignant.e.s de nos écoles supérieures d’art territoriales et actualisé en synthétisant les pistes proposées par les différents acteurs des écoles d’art, à savoir :

  • l’hypothèse d’un troisième grade, qui se révèle statutairement infaisable et qui est finalement rejetée par toutes les tutelles ;
  • la proposition de l’Association nationale des écoles supérieures d’art (ANdÉA), à savoir un cadre d’emploi spécifique pour les professeur.e.s d’enseignement artistique (PEA) arts plastiques qui exercent dans nos établissements supérieurs d’art et de design, proposition bien évidemment soutenue par la Direction générale de la création artistique du ministère de la Culture (DGCA ) ;
  • la proposition de notre intersyndicale d’un corps unique regroupant PEN et PEA, proposition partagée par la Direction générale des collectivités locales du ministère de l’Intérieur (DGCL).

L’Intersyndicale fait également le constat que les échanges entre les multiples interlocuteurs institutionnels sont improductifs. La cacophonie qui règne sur ce dossier est à l’image de cette impossible combinaison, en interministériel, de tutelles aux intérêts contradictoires.

Après un premier chiffrage — non abouti — de France Urbaine sur la prise en charge d’une revalorisation statutaire des professeur.e.s des écoles territoriales en 2018, les employeurs des personnels de ces écoles (France Urbaine et Association des maires de France) se terrent dans leur silence.

Les professeur.e.s des écoles nationales ont vu récemment leurs grilles indiciaires revues légèrement à la hausse dans le cadre du PPCR (Parcours professionnels, carrières et rémunérations — propre à la réforme de la fonction publique) et un lissage programmé depuis plus de trois ans.

L’écart se creuse irrémédiablement jour après jour entre PEA et PEN. La mise en place d’un corps unique est la seule solution pérenne pour l’ensemble de ces enseignant.e.s et la sauvegarde du travail déjà accompli par les équipes en place depuis ces vingt années de réformes incessantes.

Si les étudiant.e.s choisissent indistinctement une école d’art territoriale ou nationale, c’est la preuve d’un réseau de l’enseignement supérieur réussi. Reste à assurer le minimum : l’égalité de traitement des professeur.e.s qui y assurent des enseignements de même niveau, délivrant des diplômes de mêmes grades.

Au-delà des questions statutaires complexes et des financements, c’est une véritable décision politique qui doit être prise si nous voulons sauver notre modèle.

Malgré les annonces répétées de trouver une solution viable pour sauvegarder ce modèle d’un enseignement supérieur artistique sur l’ensemble du territoire, le dossier est sciemment enlisé. Aussi, nous attendons de Matignon et du gouvernement une position claire et urgente.

Cet immobilisme met nos écoles en danger. Leur avenir est incertain. Ce contexte affecte fortement les étudiant.e.s, futur.e.s professionnel.le.s de la création qui demandent légitimement de pouvoir accomplir leurs études dans les meilleures conditions possibles.

Aussi, les étudiant.e.s comme les personnels doivent pouvoir compter sur l’engagement de l’État et des collectivités territoriales.

C’est pourquoi nos organisations syndicales déposeront prochainement un préavis de grève durant la période des concours d’entrée.