Des mesures de confinement particulières pour nos prisons !

Publié le 16/04/2020

Tract fédéral édité le 15 avril 2020 et à télécharger

Depuis le 17 mars dernier, partout sur le territoire français, les citoyens sont priés de rester chez eux, limitant au maximum leurs déplacements et surtout, leur interdisant tout regroupement.

Cette règle s’applique partout, sauf dans nos prisons.

Dans certains établissements, le nombre de détenus est tel que plusieurs dizaines d’entre eux se retrouvent ensemble dans les cours de promenades.
30, 50, voire 80 détenus dans la même cour, sans aucun moyen de protection individuelle et sans aucune contrainte de suivre les mesures d’éloignement social.

D’autant que si l’engouement pour la promenade dépend souvent de la météo, en cette période particulière, ils sont nombreux à vouloir en profiter.

Ce n’est pas la « pluie » actuelle qui freine les ardeurs, bien au contraire.

Cette pluie quotidienne, abondante, salvatrice, euphorisante. Cette pluie qui peut s’abattre plusieurs fois par jour au même endroit.

Cette pluie que l’on surnomme dans notre jargon pénitentiaire le « parachutage ».

Depuis la suspension des parloirs, des dizaines de petits paquets survolent les murs d’enceinte et atterrissent chaque jour dans les cours de promenades, lancés avec dévouement par de très bons amis compatissants encore libres, voire par des drones, paquets ramassés consciencieusement et sans se cacher par les « distributeurs ».

Et si par malheur les surveillants essaient d’intervenir, c’est l’émeute assurée.

Si tu veux prendre l’air sans être contrôlé, viens en prison.

Si tu veux fumer ton joint sans risquer un PV, viens en prison.

Hélas, si tu veux risquer ta vie en chopant le vilain virus, restes en prison ou deviens maton.

La prison, le nouvel eldorado français de tous les passe-droits et de tous les risques.

 

Crédits photos : Représentation du Covid 19 par Felipe Esquivel Reed - wikimedia commons :
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