Eric Woerth lance "le testing" des services publics pour "mieux à moyens constants voire en baisse"

Publié le 19/02/2010 à 00H00
Selon le quotidien "Les Echos" du 17 février, le ministre de la fonction publique, Eric Woerth tempête contre les services publics qui ne savent pas répondre aux attentes des usagers (ou faut-il dire clients?). Clients "mystères", primes et même budgets doivent être liés à l'amélioration de la performance mais il le précise: « L'idée n'est pas de travailler plus mais de travailler mieux à moyens constants ou en baisse ».

Eric Woerth lance "le testing" des services publics pour "mieux à moyens constants voire en baisse"
Eric Woerth lance "le testing" des services publics pour "mieux à moyens constants voire en baisse"
Selon le quotidien "Les Echos" du 17 février, le ministre de la fonction publique, Eric Woerth tempête contre les services publics qui ne savent pas répondre aux attentes des usagers (ou faut-il dire clients?). Clients "mystères", primes et même budgets doivent être liés à l'amélioration de la performance mais il le précise: « L'idée n'est pas de travailler plus mais de travailler mieux à moyens constants ou en baisse ».

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La gueule à Marianne 

Selon le quotidien 'Les Echos' du 17 février, le ministre de la fonction publique, Eric Woerth tempête contre les services publics qui ne savent pas répondre aux attentes des usagers (ou faut-il dire clients?). 
La Charte Marianne insuffisamment appliquée, des plages horaires insuffisantes, des tracasseries administratives inutiles et la morgue des fonctionnaires vont l'inciter à envoyer des clients 'mystères' chargés de tester les services. Les primes des agents et même les budgets de fonctionnement devront être liés à l'amélioration de la performance mais (nuance) « L’idée n’est pas de travailler plus mais de travailler mieux à moyens constants ou en baisse ».

Ainsi donc, notre ministre de la fonction publique et ministre du budget a décidé de taper du poingt sur la table et il choisit bien son moment et ses cibles, notamment en visant les finances, l'éducation nationale, les préfectures et la justice qui ont en effet, bien besoin qu'on les secoue un peu.

Passons sur l'éducation nationale et ses enseignants incapables de juguler la violence scolaire, mais; en revenant au champ de notre fédération Interco-CFDT, prenez les préfectures par exemple. Il est inconcevable que les clients venus pour leur certificat d'immatriculation, se voient régulièrement accueillis par des agents irascibles voire même refoulés, leurs dossiers mis en attente durant des semaines, et encore, quand la préfecture n'est pas fermée inopinément sous le prétexte fallacieux que la logistique informatique généreusement mise à disposition de ses agents par le ministère ne fonctionne pas ! 

A la justice c'est pareil, ce n'est pas parce que le logiciel de la chaine pénale Cassiopée souffre d'importants défauts imposant aux greffiers une double saisie de chaque dossier que les clients doivent en faire les frais ! Et qu'on ne vienne pas une fois de plus dénoncer les mauvaises conditions de travail comme les audiences correctionnelles dites 'tardives'. Ce n'est quand même pas tous les jours qu'elles se terminent à 3h du matin. Si ces agents étaient un peu plus efficaces, ils n'accumuleraient pas ces centaines d'heures supplémentaires qu'on se refuse de leur payer ou de récupérer !

On pourrait varier les exemples à l'infini de ces dysfonctionnements qui empoisonnent la vie des clients des services publics. Ce n'est pas parce qu'on vient de fusionner au 1er janvier en deux ou trois directions interministérielles la quinzaine de directions départementales prééxistantes selon les sages principes de la Révision Générale des Politiques Publiques, que le public justement, doive faire les frais des errements de fonctionnaires qui prétextent l'absence de hiérarchie, de gestion RH, de projets de service voire de locaux pour se soustraire à l'obligation qui leur est faite de bien servir leurs clients !

Pôle-emploi en est un bon exemple, justement mis en avant par le ministre. Oui, le guichet unique c'est la réponse la plus propre à satisfaire le client. Il est regrettable que dans ce pôle d'excellence, certains en viennent à se suicider pour se soustraire à leurs missions. A croire que ces agents singent les grandes entreprises du privé comme France Télécom. Ce n'est pas parce qu'on ouvre à l'administration de plus larges possibilités de licenciements aux fonctionnaires que ces derniers doivent s'imaginer relevés de leur mission de service public de qualité. Exigence d'autant plus grande qu'ils coûtent cher, trop cher et creusent la dette publique. Le moins qu'ils puissent faire c'est comme le dit Eric Woerth: travailler mieux et avec moins.
Moins nombreux, on le savait déjà, not'bon maitre !

Olivier Mourot

 


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