Europe: Réduire les rémunérations et l'emploi du secteur public n'est pas une solution à la crise !

Publié le 27/10/2009
Lors de sa dernière réunion le 15 octobre à Bruxelles, le Comité Permanent des Administrations Européennes consituté au sein de la FSESP (Fédération Européenne des Services Publics), a adopté une réolution par laquelle il récuse la pression sur l'emploi public perceptible à travers tous les états de l'Union, comme remède à la crise économique.Yves Labasque et Stélios Tsiakkaros représentaient la fédération Interco-CFDT.

Europe: Réduire les rémunérations et l'emploi du secteur public n'est pas une solution à la crise !
Europe: Réduire les rémunérations et l'emploi du secteur public n'est pas une solution à la crise !
Lors de sa dernière réunion le 15 octobre à Bruxelles, le Comité Permanent des Administrations Européennes consituté au sein de la FSESP (Fédération Européenne des Services Publics), a adopté une réolution par laquelle il récuse la pression sur l'emploi public perceptible à travers tous les états de l'Union, comme remède à la crise économique.Yves Labasque et Stélios Tsiakkaros représentaient la fédération Interco-CFDT.

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 Déclaration du Comité Permanent de la FSESP pour les administrations nationales et de l’UE  

Bruxelles le 15 octobre 2009

Les organisations syndicales affiliées à la FSESP, représentant des millions de fonctionnaires et agents des administrations centrales en Europe, se sont rencontrées le 15 octobre 2009 à Bruxelles.

Le Comité a entendu des témoignages directs des plans gouvernementaux visant à réduire les rémunérations, les pensions, et l’emploi. Ces coupes mettent en péril le maintien d’un service public de qualité, dont la population a le plus besoin en ce moment.

Les restrictions affectent des travailleurs qui font en sorte que nos états fonctionnent bien dans l’intérêt général, notamment les services publics centraux tels que la sécurité sociale, l’emploi, l’éducation, la santé, l’environnement, la perception de l’impôt, l’égalité et la diversité, les services carcéraux et de probation, la défense, la recherche, et la culture.

Nous exprimons notre solidarité à l’égard des collègues qui font face à de sévères attaques et notre opposition à :

 

- faire porter aux travailleurs du secteur public la responsabilité d’une crise économique globale qu’ils n’ont pas créée mais qui est le résultat de politiques néolibérales ;

- tenter de restaurer la stabilité des finances publiques au travers d’un exercice de démantèlement des services publics ;

- user de la tactique « diviser pour régner » qui nourrit les medias du mythe d’une fonction publique surpayée comparativement aux autres secteurs ;

- profiter de la crise pour écorner les droits syndicaux ;

- saper le moral du personnel à un moment où il fait de son mieux pour assurer un service public de qualité aux personnes qui en ont le plus besoin ;

- conditionner des prêts du FMI, de l’UE ou de banques commerciales aux gouvernements à des coupes dans les services publics et les allocations sociales.

Nous appelons les gouvernements et aux institutions de l'UE pour que :

- au strict minimum, ils maintiennent le niveau de l’emploi afin que les services de qualité puissent parer aux conséquences sociales de la crise ;

- recruter du personnel, sans recourir au travail supplémentaire ni au travail temporaire, dans les administrations fiscales, lesquelles, en période de récession, sont d’une importance vitale pour récolter les millions de taxes non perçues ;

- négocier et aboutir à des solutions avec les organisations syndicales ;

- négocier une baisse des taux d’intérêt sur les emprunts des gouvernements sans sanctions punitives ;

- mettre en place, au niveau de l’UE, un comité du dialogue social où les administrations publiques recherchent ensemble des pistes d’amélioration des services publics basées sur de bonnes conditions de travail.

Tailler dans les rémunérations de la fonction publique n’est pas la solution à la crise.
Tout indique, en effet, que les pays qui investissent peu dans le secteur public et où la dérégulation est forte, sont les plus affectés par la crise.
S’il nous faut être plus stratégique dans notre manière de dépenser les deniers publics, cela ne peut se faire sur le dos des travailleurs du secteur public. 
S’attaquer à la crise, c’est s’attaquer à ses racines, essentiellement une répartition inéquitable des richesses entre le travail et le capital, une régulation laxiste des banques et institutions financières aux niveaux national et international ainsi qu’une faible taxation des gros revenus et revenus des sociétés. 
Ce dont nous avons besoin, c’est d’un effort collectif qui implique, comme priorité première, de taxer les dividendes, spécialement ceux provenant des banques sauvées de la faillite, et d’investir dans des services publics essentiels. 
Les fonctionnaires et agents de l’état font partie de la solution, non pas du problème.

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