La fédération Interco-CFDT progresse de 5,95% en nombre d'adhérents en 2008

Publié le 18/05/2009
Après une progression de 3% en 2007, la fédération Interco a vu le nombre de ses adhérents progresser de près de 6% en 2008. Ce succès vient démentir le discours convenu sur la désyndicalisation. Mais cette progression ne doit rien au hasard et tout à l'engagement des équipes syndicales et le "désir de faire" qu'elles ont su insuffler aux salariés auxquels elles ont proposé l'adhésion.

La fédération Interco-CFDT progresse de 5,95% en nombre d'adhérents en 2008
La fédération Interco-CFDT progresse de 5,95% en nombre d'adhérents en 2008
Après une progression de 3% en 2007, la fédération Interco a vu le nombre de ses adhérents progresser de près de 6% en 2008. Ce succès vient démentir le discours convenu sur la désyndicalisation. Mais cette progression ne doit rien au hasard et tout à l'engagement des équipes syndicales et le "désir de faire" qu'elles ont su insuffler aux salariés auxquels elles ont proposé l'adhésion.

 

+ 5,95% !

Ça y est, les chiffres sont désormais officiels : la fédération Interco connaît la seconde année consécutive de progression de la syndicalisation. Avec + 5,95 % en 2008, qui suit les + 3,05 % de 2007, la dynamique est allée s’accélérant. Nous avons accueilli 9348 nouveaux adhérents en un an ! c’est 2000 de plus qu’en 2007.

Ces résultats sont d’abord ceux des militants des sections, là où se font les adhésions, et ceux des équipes de syndicat qui ont la charge de les soutenir et d’organiser le travail syndical. Ils témoignent de la volonté d’aller au contact de nos collègues et du soucis de leur proposer de s’organiser en adhérant à la CFDT.

Nous pouvons être fiers du travail accompli et de nos résultats.

D’autant que la dynamique de développement s’est élargie en 2008 et concerne désormais 80 syndicats, dont près d’une trentaine qui connaissent des progressions supérieurs à 10 %.

Au delà des situations qui sont toujours particulières d’un syndicat à l’autre, il s’agit désormais d’une dynamique d’ensemble, d’une dynamique d’organisation.

Il y a quatre ans nous tenions le congrès fédéral d’Albi Cap Découverte après deux années de forte baisse. Les syndicats dotaient la fédération d’une ambition forte : construire une stratégie pour une nouvelle étape de syndicalisation. Durant le mandat qui s’achèvera dans quelques semaines au Congrès fédéral de Montpellier, l’approche pragmatique, non manichéenne et « sur-mesure » de la syndicalisation nous a conduits à innover, expérimenter et multiplier les formes de coopération avec les syndicats en renonçant aux solutions clés en main et donc uniformes. La conduite de l’action revendicative dans les secteurs professionnels a été largement articulée à la syndicalisation.

Les militants et les responsables de la fédération ont multiplié les déplacements dans les syndicats qui le demandaient, pour continuer à débattre avec les équipes, pour les soutenir et les booster, pour construire avec eux les réponses les plus appropriées à leurs réalités, leurs choix, leurs rythmes.

La poursuite du processus de transfert de compétences, la mise en place de la RGPP, et notamment son volet réorganisation territoriale de l’Etat, le nouveau paysage administratif qui en découle et le glissement de pans entiers de la sphère de l’Etat vers d’autres acteurs de l’action publique (collectivités locales, associations, agences, etc…), la réforme des collectivités locales et l’évolution annoncée de leurs échelons administratifs, les changements en cours dans le logement social, tout ça, ça n’est pas rien.

Sur tous ces dossiers, nous voulons avancer, construire des garanties collectives pour nos collègues. Nous voulons leur permettre de donner leur avis et d’être partie prenante des changements qui les concernent, leur permettre d’obtenir les conditions pour exercer leurs missions correctement et dans de bonne conditions.

La tâche est plutôt ardue, c’est vrai. Raison de plus pour renforcer notre poids et notre force.

La fédération tiendra son congrès à la fin du mois de juin. Les textes d’activité et d’orientation soumis aux débats et aux votes sont d’ores et déjà dans les syndicats.

Quelque soient les choix que nous ferrons à l’occasion de ces débats, il nous faudra, fédération, sections, syndicats, nous serrer les coudes dans les quatre années qui viennent. Il faudra le faire dans la diversité de nos âges, de nos cultures professionnelles, de nos parcours. Face aux défis qu’il nous faut relever, depuis la défense au quotidien de nos collègues dans leurs entreprises et administrations, jusqu’aux autres dossiers revendicatifs au niveau national, l’heure n’est plus aux tribus gauloises et aux cloisonnements.

Le syndicalisme consiste à recréer du lien, des réseaux de solidarité et d’entraide, à donner des repère dans une société qui est déboussolée. Il consiste à tisser, fil à fil la chaîne et la trame d’une vie commune, à offrir sans formule magique ou incantatoire une perspective à des gens qui ont l’impression d’être relégués, non pris en compte.

La société française à plus que jamais besoin d’une CFDT, qui au delà de son nombre d’adhérents, a aussi prise sur les évènements. Elle a besoin d’une CFDT combative, qui garde intacte sa capacité d’indignation et qui doit aussi savoir l’exprimer. Affronter de face les difficultés c’est cultiver un certain niveau de combativité en même temps que l’exigence de faire, de s’engager et d’obtenir des résultats.

 
Laurent Bérail
Secrétaire National chargé du développement