Mayotte, un département en zone de non droit

Publié le 26/11/2020

Communiqué de presse du 26 novembre 2020

Voitures caillassées et incendiées, affrontements entre jeunes et forces de l’ordre, routes barrées, pillages de commerces, attaques de domiciles, agressions aux abords des collèges et des lycées, voilà le quotidien du département de Mayotte ! Les plans, les annonces, les déclarations se succèdent depuis bien trop longtemps, il faut maintenant enrayer les violences qui sont le lot quotidien des Mahoraises et des Mahorais. En 2018, un long mouvement de grève contre l’insécurité avait paralysé le 101e département français durant presque trois mois.

Les enfants de certains quartiers, auteurs de ces violences, ne se rendent pas compte de la gravité de leurs actes, ils sont complètement imprévisibles. Souvent, leurs parents, clandestins, ont été expulsés, ils sont désocialisés, sans repères, dans une précarité totale.

Les forces de l’ordre sont de plus en plus visées.

Il y a quelques mois, quatre policiers en pleine séance de sport, dont l’un était accompagné de son fils, ont fait l’objet d’une violente agression de la part de jeunes qui les avaient identifiés. Le 6 juillet dernier, au cours d’une intervention, un major de Gendarmerie a été grièvement blessé.

Les policiers municipaux et leurs familles subissent des violences, pressions et menaces de mort dans le cadre de leur activité professionnelle mais pire encore dans leur sphère privée.

Pour les membres des forces de l’ordre, la vigilance est de mise car un simple contrôle peut tourner à l’émeute de quartier.

La situation totalement chaotique du département, en proie à une immigration clandestine non maitrisée est le terreau de bandes violentes. La situation est telle que des milices organisent des « rondes » pour « démanteler les groupes d'étrangers, comoriens et africains », présumés en situation irrégulière. Les actions de ces milices, avaient provoqué en 2018 la colère de la ministre des Outre-mer, A. Girardin qui avait déclaré : « J'invite les habitants à laisser les forces de l'ordre faire leur travail ».

Quant à la situation sanitaire, force est de constater que les mesures de protection des agents publics sont insuffisantes.

Nous revendiquons :

  • Une augmentation significative des effectifs des forces de l’ordre, Gendarmerie, Police nationale et municipale ;
  • Le placement du département de Mayotte en zone de reconquête républicaine ;
  • Une réponse pénale sans concession à tous les délits et les crimes ;
  • L’adaptation des moyens matériels à la réalité du terrain.

Pour la fédération Interco CFDT, dans ce contexte sécuritaire très dégradé, il est maintenant temps que la puissance publique (État et collectivités locales) réponde par des actes forts !
La fédération appelle de ses vœux la mise en œuvre d’un dialogue social effectif et constructif entre le préfet et les syndicats Interco CFDT et Alternative Police CFDT.

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