Protection de l’enfance : la ministre de la Justice n’est pas juste !

Publié le 08/11/2018

Communiqué de presse du 8 novembre 2018

À la suite de la parution, le 5 novembre 2018, d’une tribune des juges des enfants du tribunal de Bobigny dans le Monde et France Inter, la ministre de la Justice a affirmé à l’antenne que « la mise en place des décisions de protection de l’enfance prises par les juges des enfants relève des départements ».

La fédération Interco CFDT s’indigne d’une telle volonté de faire croire que le décideur n’est pas responsable de la mise en application de mesures éducatives et encore moins le payeur. Nous pensions que ce réflexe politique était de « l’ancien monde » !

OUI, Madame la Ministre, les politiques sociales, dont celles de protection de l’enfance, relèvent bien des compétences et financements des départements, mais c’est l’augmentation exponentielle des mesures concernant les mineurs, depuis plusieurs années, qui pose un problème !

OUI, Madame la Ministre, les responsables de l’aide sociale à l’enfance dans le bureau d’un juge des enfants ne peuvent qu’obtempérer et financer une décision de mesure éducative prise par le magistrat.

NON, Madame la Ministre, vous n’avez pas bien lu l’appel au secours des juges des enfants de ce tribunal qui, en aucune façon, ne se défaussent sur le conseil départemental de Seine-Saint-Denis, bien au contraire !

NON, Madame la Ministre, votre réponse est en complet décalage avec le plan de prévention et de lutte contre la pauvreté qui met en évidence dans son engagement n°2, la garantie au quotidien des droits fondamentaux des enfants.

La fédération Interco CFDT apporte tout son soutien aux professionnels de la fonction publique territoriale et de l’État et particulièrement dans le 93, intervenant dans la « chaîne » de protection de l’enfance.

Votre intervention, Madame la Ministre, aura eu le mérite de mettre l’accent sur les carences des moyens de l’État et des départements pour répondre à cette politique publique de prévention des inégalités, chère au Président de la République. Mais nous n’avons entendu aucune mesure concrète, pas même un travail interministériel avec les personnels et une ébauche de financement pour aider et soutenir les conseils départementaux dans cette mission de protection des enfants et de soutien aux familles en difficulté.