Quand la restructuration devient un « gros mot »...

Publié le 16/10/2019

...et que la direction des ressources humaines (DRH) du ministère des solidarités et de la santé ne souhaite pas se l’appliquer, faute de financement !

Compte-rendu des comités techniques administration centrale (CTAC) du ministère solidarités et santé des 1er et 8 octobre 2019.

CTAC du 1er octobre

La séance du 1er octobre a été consacrée à la présentation de la refonte de la DRH pour qu’elle devienne « créatrice de valeur » (sic). Selon le DRH qui a présenté la réforme, celle-ci est le moyen de prendre l’OTE et la refonte de l’AC par « le meilleur bout possible » (re-sic) avec ce bel adage : « Quand la chèvre n’a plus de lait, on cherche un bouc émissaire » (re-re-sic).
 
Tout cela est bien beau mais pas tout à fait inclusif puisque la DRH actuelle compte trois sous-directeurs mais que seuls deux d’entre eux étaient présents. La CFDT se pose donc des questions sur l’avenir du troisième et pour les agents qu’il a sous sa responsabilité.
 
Le DRH veut également refondre le management car, selon lui, un « manager est une personne qui voit sa réussite dans celle des autres » (re-re-re-sic). C’est beau ! Quant à la volonté de faire disparaitre les « petits chefs » il ne suffit pas de le dire ! Et il est facile de mettre la hiérarchie à l’index, car heureusement tous nos responsables n’en sont pas.!
 
Quant au schéma d’organisation présenté, il est aussi brillant théoriquement qu’il apparaît complexe à mettre en œuvre concrètement. A l’exception de SD2 congelé pour plus tard, la DRH 2.0 sera composée de « pôles » à la tête desquels des « chefs de département » alterneraient par trimestre. Quid de la charge de travail que représentera cette chefferie temporaire ? Comment travailleront les agents dans cette configuration ? Nous n’avons pu que constater, malgré nos demandes, l’absence de réponse concrète.
 
Cette réorganisation a été présentée (à grand renfort d’une terminologie « managériale » se voulant très à la mode, entre « symétrie des attentions » et « intelligence émotionnelle » …) comme devant répondre à des difficultés de fonctionnement. Lesquelles ? Aucun diagnostic n’a jamais été présenté aux agents.
 
On pourra d’ailleurs relever à cet égard qu’aucune restitution de l‘audit IGAS conduit sur la DRH ni des « espaces de discussion » ouverts, à grand renfort de communication, à ses agents en 2016-2017 n’a jamais été faite aux personnels et à leurs représentants.
 
Tout se passe donc comme si les raisons de cette réorganisation étaient avant tout d’ordre « idéologique » (transformer pour transformer), et non pas une réponse à des besoins clairement identifiés à la suite d’un diagnostic précis.
 
A l’heure où se multiplient les projets d’arrêtés organisant l’accompagnement RH (notamment indemnitaire) d’opérations de réorganisation, la DRH n’a rien prévu de tel s’agissant de sa propre réorganisation, au motif que celle-ci ne constituerait pas une restructuration.

Nous sommes en attente de la présentation du cadre réglementaire venant traduire ce nouvel organigramme; pour le moment il ne s’agissait que d’une présentation pour information sans vote.

Le CTAC devant donner son avis sur les textes DRH est programmé pour le 22 octobre 2019. 
 

CTAC du 8 octobre

La séance du 8 octobre a été plus riche mais, curieusement, plus courte. Le projet de refonte de la DJEPVA a été unanimement refusé, faute d’avoir été élaboré avec le minimum de concertation nécessaire. Quand on est appelé à gérer 200 000 jeunes, on essaye d’associer ses équipes ! On notera aussi que le projet de décret ne porte que la signature du ministre de l’éducation nationale. Au cas où on se ferait encore des idées sur le positionnement des ministères sociaux…
 
A contrario, le projet concernant la DICOM est unanimement approuvé. Dialogue et concertation ont payé. Nous avons une pensée pour les délégués précédents à qui ces idées sont demeurées étrangères.
 
Nous sommes informés du commencement d’une refonte concernant « la fonction publique et la diversité ». Cette présentation entre dans les « lignes directrices de gestion » (celles qui expliqueront pourquoi vous travaillerez plus avec moins de moyens). 40 hauts fonctionnaires ont rencontré 40 jeunes diplômés via des associations. L’idée est de faire mieux connaître la Fonction publique ; ce qui est une excellente idée en soi et qui mérite d’être creusée, poursuivie et explicitée. Et si, en plus, on pouvait nous y associer !

 

Illustration : Wingz - Crédits réservés