Communiqué: La CFDT pénitentiaire ne se reconnait pas dans la communication de l'UMP

Publié le 20/04/2012 à 00H00
Le mardi 17 avril à 16h15, la fédération Interco-CFDT représentée par son secrétaire fédéral Jean-Philippe Guilloteau a été reçue pendant 45 mn par Stéphane JACQUOT, Secrétaire national de l'UMP en charge des politiques pénitentiaires et des prisons.La CFDT Interco et le personnel pénitentiaire qu'elle organise ne sauraient se reconnaitre dans la déclaration lénifiante à laquelle s'est livrée M. Jacquot à l'issue de cette rencontre.

Communiqué: La CFDT pénitentiaire ne se reconnait pas dans la communication de l'UMP
Communiqué: La CFDT pénitentiaire ne se reconnait pas dans la communication de l'UMP
Le mardi 17 avril à 16h15, la fédération Interco-CFDT représentée par son secrétaire fédéral Jean-Philippe Guilloteau a été reçue pendant 45 mn par Stéphane JACQUOT, Secrétaire national de l'UMP en charge des politiques pénitentiaires et des prisons.La CFDT Interco et le personnel pénitentiaire qu'elle organise ne sauraient se reconnaitre dans la déclaration lénifiante à laquelle s'est livrée M. Jacquot à l'issue de cette rencontre.

Communiqué de presse CFDT-INTERCO N°4 du 20 avril 2012

La CFDT pénitentiaire ne reconnait pas ses propos dans la communication de l’UMP

 
Le mardi 17 avril à 16h15, la fédération Interco-CFDT représentée par son secrétaire fédéral Jean-Philippe Guilloteau a été reçue pendant 45 mn par Stéphane JACQUOT, Secrétaire national de l'UMP en charge des politiques pénitentiaires et des prisons.
 
Cette rencontre fait suite à une sollicitation de sa part, tout comme elle le fut pour les autres organisations syndicales mentionnées dans le communiqué de l’UMP en date du 17 avril et signé de son nom et dans lequel la CFDT ne reconnait aucune de ses observations.
 
A cette occasion, nous avons dénoncé le manque de personnels, tous corps confondus, en argumentant le décalage entre les recrutements programmés pour 2012 et le nombre de postes vacants (plus de 1000), les départs en retraite (plus de 600), les besoins indispensables pour l'ouverture des nouvelles prisons (près de 500) et le non remplacement de certains fonctionnaires (mesure RGPP) comme c'est le cas chez les administratifs ou les personnels techniques de la DAP qui voient leur corps disparaitre au fur et à mesure des fermetures de prisons. Résultat, un déficit en fin d'année.
 
Nous avons dénoncé également :
 
- la boule dynamique qui n'a pour seul but de faire effectuer aux surveillants des heures supplémentaires et les effacer sans les payer dès que le service le permet.
Les conséquences professionnelles et personnelles sont désastreuses (endettement, divorces et même suicides).
 
- le manque d'effectifs pour la prise en charge des escortes. En 2001, 2100 agents des forces de l'ordre (police et gendarmerie) étaient mobilisés chaque jour pour assurer les extractions sur toute la France. Aujourd'hui, le plan budgétaire n'a prévu que 800 Personnels de Surveillance pour assurer cette mission, c'est inacceptable.
 
- la construction des établissements du plan 13200 sous Partenariat Public-Privé et le manque d'humanisation de ces lieux. Également l'isolement des surveillants dans les bâtiments.
 
- la surpopulation carcérale et ses effets néfastes sur la prévention de la récidive, sur la gestion et la sécurité des établissements et des personnels.
 
- le DAVC1 comme étant un outil purement administratif de classement des PPSMJ1 dans un segment au détriment de l'approche sociale et du temps d'échange indispensable à la prise en compte de paramètres socio-éducatifs.
 
- le nombre de mesures suivies par CPIP (en moyenne 150) avec des pics à plus de 200 dans certains départements. Comment exécuter un travail de qualité dans ces conditions ?
 
A propos du projet 'Botton' nous avons affirmé que nous nous opposerions à toute tentative de privatisation totale. Les fonctions régaliennes de l'état et notamment la sécurité des biens et des personnes doivent être rappelées et conservées.
 
Nous avons abordé le projet de réforme statutaire des directeurs pénitentiaire qui, malgré plusieurs réunions tout au long de l'année 2011 au cours desquelles la CFDT a fait des propositions concrètes, est resté sans effet à ce jour. Nous sommes toujours dans l'attente.
 
Nous avons exprimé pour conclure notre insatisfaction de la politique pénitentiaire de ce gouvernement. Construire des prisons pour absorber la surpopulation carcérale alors qu'au Pays-Bas pour ne citer qu’eux, la politique pénitentiaire a pour effet d’en fermer, devrait interroger la France sur le bien-fondé de ses choix. Sécurité certes, mais surtout prévention de la récidive et moyens à mettre en œuvre pour y parvenir.
 
En d’autres termes, la CFDT Interco et le personnel pénitentiaire qu’elle organise ne sauraient se reconnaitre dans la déclaration lénifiante à laquelle s’est livrée M. Jacquot à l’issue de cette rencontre.

1 - DAVC: Diagnostic  à visée criminologique. Catégorisation des individus en fonction d'un profil pompeusement baptisé de criminologique et permettant de leur appliquer un suivi standardisé approprié.
2 - PPSMJ: personnes placées sous main de justice.

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