Communiqué SPIP de Nantes : les manquements ne sont pas là où on le prétend !

Publié le 01/02/2011 à 00H00 (mis à jour le 04/02/2011 à 21H33)
Par ce communiqué, la fédération Interco-CFDT se déclare solidaire des personnels du Service d'Insertion et de Probation de Nantes montrés du doigt, pour d'hypothétiques manquements au suivi socio-judiciaire, par un personnel politique plus soucieux d'affichage que d'efficacité.

Communiqué SPIP de Nantes : les manquements ne sont pas là où on le prétend !
Communiqué SPIP de Nantes : les manquements ne sont pas là où on le prétend !
Par ce communiqué, la fédération Interco-CFDT se déclare solidaire des personnels du Service d'Insertion et de Probation de Nantes montrés du doigt, pour d'hypothétiques manquements au suivi socio-judiciaire, par un personnel politique plus soucieux d'affichage que d'efficacité.

 SPIP de Nantes : les manquements ne sont pas là où on le prétend !

 

A la suite de la disparition le 18 janvier dernier de la jeune Laetitia près de Pornic impliquant un jeune récidiviste Tony Meilhon, mis en examen pour enlèvement suivi de mort, le Président de la République n’a pu s’empêcher, à son habitude, de pointer à la fois d’hypothétiques manquements du suivi socio-judiciaire méritant d’être sanctionnés et d’appeler à renforcer une énième fois un dispositif législatif ou règlementaire qui ne cesse de l’être en permanence.

Depuis, les personnels du SPIP de Nantes et son Directeur ont été soumis à une procédure très intense de contrôle de leur activité qui met en lumière qu’à l’instar de beaucoup d’autres services analogues, en raison de l’insuffisance de moyens humains et matériels au regard de la charge de travail, ce service a dû prioriser la prise en charge des personnes placées sous main de justice en accord avec le juge d’application des peines et du directeur interrégional. C’est ainsi que le cas de Tony Meilhon, comme près de 800 autres, n’a pas été jugé prioritaire ; sa dernière condamnation  relevant du « simple » outrage à magistrat.

Bien entendu, des instructions viennent d’être données afin que les centaines de dossiers ainsi mis de côté soient immédiatement affectés aux conseillers d’insertion et de probation qui, du même coup, voient leur charge de travail déjà doublée au regard des normes habituelles, être triplées. Chacun devra prendre en charge jusqu’à 200 personnes qui présentent par ailleurs toutes un profil très varié. C’est ni plus ni moins que placer sciemment les personnels en situation d’échec tout en faisant peu de cas du sens de leur mission : prévenir la récidive et favoriser la réinsertion des individus.

La CFDT est solidaire des personnels du SPIP de Nantes comme de tous les autres services qui peuvent se retrouver dans une situation professionnelle analogue et de surcroît montrés du doigt par un personnel politique plus soucieux d’affichage que d’efficacité.

Si manquements il y a, les fonctionnaires et agents publics les pointent depuis longtemps et pas seulement dans les SPIP et pas seulement à la Justice mais dans tous les ministères. Manque de considération d’un pouvoir qui n’a de cesse de dénoncer le coût jugé exorbitant d’un service public dont on réclame pourtant toujours plus, manque de moyens et manque d’effectifs dans le même temps qu’on érige leur réduction en dogme d’état que l’on contourne néanmoins à moindre coût en faisant appel à la réserve civile. Non, les manquements ne sont pas là où on prétend les trouver mais ceux-là n’exposent pas à des sanctions disciplinaires.

Olivier Mourot
Secrétaire Général Adjoint
Fédération Interco-CFDT
Paris le 1er février 2011

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