Pas d'accueil de la petite enfance au rabais !

Publié le 20/10/2009 (mis à jour le 09/07/2012)
La Fédération INTERCO dénonce avec force toute tentative de déqualification de la politique d'accueil de la petite enfance. La fédération a écrit à Madame Nadine MORANO, Secrétaire d'Etat chargée de la Famille et de la Solidarité pour lui faire part de sa préoccupation.
Pas d'accueil de la petite enfance au rabais !
Pas d'accueil de la petite enfance au rabais !
La Fédération INTERCO dénonce avec force toute tentative de déqualification de la politique d'accueil de la petite enfance. La fédération a écrit à Madame Nadine MORANO, Secrétaire d'Etat chargée de la Famille et de la Solidarité pour lui faire part de sa préoccupation.

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 Paris le 20 octobre 2009

La Fédération INTERCO dénonce avec force toute tentative de déqualification de la politique d'accueil de la petite enfance !
 
Nous avons déjà eu l'occasion de manifester notre désaccord avec l'assouplissement des normes d'accueil des jeunes enfants tant auprès de Madame TABAROT, députée chargée d'une réflexion sur les moyens à mettre en œuvre pour développer l'offre d'accueil que par notre signature de la pétition 'Pas de bébé à la consigne'.
 
Malgré la levée de boucliers contre le projet de réforme du décret de 2007 relatif aux établissements et services d'accueil des enfants de moins de 6 ans, un nouveau texte serait en cours d'arbitrage interministériel et pourrait être publié prochainement.
 
Si l'objectif de développer l'offre de garde est louable, les méthodes pour y parvenir ne peuvent que nous inquiéter et la dégradation des conditions de travail des salariés est pour nous synonyme de dégradation de la qualité de l'accueil que les familles sont en droit d'attendre.
 
La fédération INTERCO a écrit à Madame Nadine MORANO, Secrétaire d'Etat chargée de la Famille et de la Solidarité pour dénoncer ce que nous considérons comme une véritable déqualification de la politique de l'accueil de la petite enfance.
 
Lettre de la fédération à Mme Nadine MORANO 
 
Madame Nadine MORANO
Secrétaire d’Etat chargée de la famille et de la Solidarité
14, avenue DUQUESNE
75007-PARIS
 
 
Paris, le 16 octobre 2009
 
Madame le Ministre,
 
La volonté des pouvoirs publics de développer l’offre d’accueil de la petite enfance est légitime parce que c’est une condition du développement de l’emploi féminin et une mesure en faveur de l’égalité des chances dont les plus défavorisés peuvent tirer de grands bénéfices.
 
Toutefois, si la Fédération INTERCO approuve la volonté de créer 200 000 places d’accueil d’ici 2012 comme le précise le PLFSS 2010, elle dénonce avec véhémence toute modification de la règlementation qui porterait atteinte à la qualité de l’accueil des jeunes enfants et aux conditions de travail des salariés de la petite enfance.
 
Nous avons déjà eu l’occasion de manifester notre désaccord avec l’assouplissement des normes d’accueil tant auprès de Madame TABAROT que par notre signature de la pétition « pas de bébé à la consigne».
 
Aujourd’hui notre position reste la même et c’est pourquoi nous n’approuvons pas :
-    le projet de diminuer la proportion de professionnels qualifiés dans les établissements et services d’accueil des jeunes enfants,
-    l’augmentation du nombre d’enfants pouvant être confiés à une Assistante maternelle,
-    l’allègement de la qualification des directeurs de structures,
-    l’accueil en surnombre facilité voire encouragé,
-    la diminution de l’expérience requise,
-    la possible disparition du projet social et du projet éducatif dans les établissements.
 
Pour nous, ces modifications envisagées sont dangereuses à double titre.
Elles portent atteinte aux conditions d’une bonne prise en compte des besoins fondamentaux des jeunes enfants.
Elles portent atteinte aux conditions de travail des agents et nous affirmons que lorsque les conditions de travail régressent, c’est la qualité de l’accueil qui en est affectée.
 
Par ailleurs, aller dans le sens d’un assouplissement des normes d’accueil de la petite enfance, c’est au final favoriser la déqualification de professions quasi- exclusivement exercées par des femmes. C’est contraire au principe d’égalité auquel nous restons très attaché et que nous devons tous défendre !
 
Nous vous prions d’agréer, Madame le Ministre, l’expression de notre considération distinguée.
 
Marie-Odile ESCH
Secrétaire Générale