Deux hauts fonctionnaires de l'administration pénitentiaire déplacés brutalement

Publié le 27/05/2010
"Qui sème l'injustice, moissonne le malheur"
Deux hauts fonctionnaires de l'administration pénitentiaire déplacés brutalement
Deux hauts fonctionnaires de l'administration pénitentiaire déplacés brutalement
"Qui sème l'injustice, moissonne le malheur"

C’est avec une profonde amertume que nous avons appris la décision brutale de déplacer deux hauts fonctionnaires de notre administration.

 
Valérie DECROIX, directrice de l'ENAP et Isabelle GORCE, directrice interrégionale des services pénitentiaires de Bordeaux ont été suspendues de leurs fonctions manu militari.
 
Pourtant, ces personnalités étaient reconnues par leurs pairs, pour leur investissement et leur loyauté envers leur administration de tutelle.
 
Le motif de cette éviction pure et simple : une simple restitution d'informations essentielles d’une réunion des directeurs interrégionaux.
 
Pourtant, le constat est réel; l'administration pénitentiaire risque de ne plus pouvoir assurer le paiement de certaines tâches.
 
Déjà les personnels sont confrontés dans de nombreux établissements à un refus de remboursement de frais de missions ou de paiement d'heures supplémentaires, alors qu'une instruction avait été donnée récemment par le garde des sceaux.
 
Alors même que depuis plusieurs mois, notre ministre s’interroge sur la violence en détention, les personnels du corps de direction membres de la CFDT s’interrogent quant à eux sur la violence institutionnelle qui préside à la gestion des cadres dans notre administration.
 
Dans un contexte où les hauts fonctionnaires ne se bousculent pas pour assumer de lourdes charges (depuis plusieurs mois, déjà, on observe une certaine réticence à exercer les fonctions de directeur interrégional), nous imaginons que ce geste déplacé emprunt d’autoritarisme va certainement contribuer à laisser des places vacantes…
 
Le constat est lourd : Absence de mémoire de la part de notre administration sur le sens du service public de ses cadres, absence de reconnaissance des directeurs, absence de gestion de carrière, décision de déplacement au pied levé…
 
La voie est donc tracée : Désormais, on nous somme de diriger sans associer…

Dans une administration où le dialogue social est exacerbé, porté aux nues…

A moins qu’on ne réserve ce dialogue aux syndicats corporatistes de surveillants, vilipendés pour leur étroitesse d’esprit, mais qu’on pousse dans leur détestation des directeurs.

Quelle contradiction !...Ou quelle hypocrisie…

Chacun en tirera les conclusions qu’il souhaite !

Finalement, si tant est que l’on souhaite réfléchir, associer, discuter, bref diriger, notre place est-elle encore dans l’administration pénitentiaire?

De plus, au moment où, dans la loi pénitentiaire est inscrit le droit d’expression collective des détenus, rejeter le droit à la réflexion des cadres dirigeants, est proprement anti-démocratique.

Nous invitons à une rencontre des trois syndicats de personnels de direction pour envisager une action commune face à ses attaques injustifiées contre le corps.
 
D’ores et déjà nous demandons à l’ensemble des directeurs des services pénitentiaires de ne plus faire de communication institutionnelle, ni en interne, ni à l’extérieur de l’A.P., sans instructions écrites précises.
 
Que chacun prenne ses responsabilités, mais pour notre part, la réaction doit être à la hauteur du mépris et de la défiance ressentis par l’ensemble du personnel de direction.  
 
Pour la CFDT Interco

Claire Garnier - membre élue à la CAP des DSP


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