La CFDT auditionnée sur la réingénierie des professions sociales

Publié le 02/06/2015 à 14H30
Dans le cadre des travaux engagés autour des États Généraux du travail social (EGTS), une délégation CFDT a été reçue le 26 mai par Madame Bourguignon, députée missionnée par le Premier Ministre pour proposer un plan d’action pour le travail social. 

Dans le cadre des États Généraux du Travail Social (EGTS), le ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes a mené, en 2014, les Assises Interrégionales du Travail Social.  À leur issue, cinq groupes de travail sur les thématiques suivantes : travail social et développement social, coordination institutionnelle entre acteurs, formation initiale et formation continue, métiers et complémentarités, place des usagers, ont remis leurs rapports en février 2015.

Ces documents suscitent nombre de questions et débats, notamment le rapport « métiers et complémentarités » qui propose de « refonder l’architecture des diplômes » en travail social des niveaux I à V, soit les 14 Diplômes d’État répertoriés au Code de l’action sociale et des familles. Rapport vivement contesté par la CFDT dès 2014 dans le cadre de la Commission Professionnelle Consultative (CPC) du travail social et de l’intervention sociale.

Mme Bourguignon, députée PS du Pas-de-Calais, a été chargée d’une mission par le Premier Ministre afin de mener à terme la concertation sur ces sujets, en vue de la préparation d’un plan d'action pour le travail social qui sera annoncé à l'automne.

La CFDT Santé Sociaux, la CFDT Interco et la Confédération CFDT l’ont rencontrée le 26 mai.

La CFDT a exposé ses analyses et revendications sur la question du travail social :

- la nécessité de finalisation des EGTS et les attentes des professionnels sur ce sujet,

- le décalage entre les propositions d’experts et le travail réel rencontré et vécu au quotidien par les professionnels,

- l‘importance de préserver les identités professionnelles, les métiers et la formation par alternance. Les risques de très vives réactions sur la négation des identités professionnelles dans un milieu en manque de reconnaissance,

- la pertinence de rapprochements dans le contenu des diplômes sous forme de «troncs communs» (et non d’un « socle ») dont le volume ne doit pas être prédéterminé a priori, ni être le même pour tous les niveaux,

- notre demande – ancienne – d’intégration des Diplômes d’État : ASS, ES, CESF, EJE, de niveau III en niveau II et leur incorporation pleine et entière dans le LMD, avec l’affection du grade correspondant et sa reconnaissance statutaire et salariale en catégorie A,

- la particularité du travail social, les difficultés rencontrées par les professionnels souvent perçus comme responsables du coût des dépenses sociales,

- le besoin impérieux d’un positionnement politique national clair et structurant sur ce que doit être le travail social ; son sens ainsi que les attentes de la société à son égard et les moyens qui lui sont consacrés. Au niveau territorial la désignation claire d’un « chef de file » et la lutte contre les politiques et les dispositifs en « tuyaux d’orgues »,

- la nécessité de définitions claires permettant de comprendre les différences et complémentarités entre travail social, action sociale et intervention sociale.

Après le rendez-vous en mars dernier avec la directrice de cabinet de la ministre Madame Neuville, la CFDT se veut force de propositions et porte-parole des professionnels.

Alors qu’aucune orientation ne sera encore prise dans cette phase actuelle de consultation, notre syndicat a décidé de ne pas s’associer à l’appel d’autres organisations syndicales pour une manifestation le 25 juin. Pour la CFDT, ce mouvement n’est pas consacré aux problématiques des professionnels et étudiants du secteur social qui seront noyées dans un global revendicatif sans que leurs demandes spécifiques soient identifiées. 

La CFDT Santé Sociaux et la CFDT Interco font le choix d’attendre la remise du rapport de Mme Bourguignon et les suites qui lui seront données pour décider s’il convient alors de mobiliser massivement professionnels et étudiants du secteur social sur leurs problématiques spécifiques dont la ré-architecture des Diplômes d’État en travail social.