Le suicide d'un sapeur-pompier du SDIS de Pau doit être reconnu imputable au service !

Publié le 24/01/2011 à 00H00
Le 30 juin 2009, Monsieur Bernard CAZENAVE se suicidait par arme à feu, à 7h23 dumatin, contre la porte de son supérieur hiérarchique, sur son lieu de travail du SDIS de Pau. Il laissait une lettre à sa famille dans laquelle il stipulait « Je ne veux personne du SDIS au funérarium ». Le syndicat CFDT Interco 64 se bat depuis pour obtenir la reconnaissance de l'imputabilité au service de ce suicide. Les élus locaux font la sourde oreille.

Le suicide d'un sapeur-pompier du SDIS de Pau doit être reconnu imputable au service !
Le suicide d'un sapeur-pompier du SDIS de Pau doit être reconnu imputable au service !
Le 30 juin 2009, Monsieur Bernard CAZENAVE se suicidait par arme à feu, à 7h23 dumatin, contre la porte de son supérieur hiérarchique, sur son lieu de travail du SDIS de Pau. Il laissait une lettre à sa famille dans laquelle il stipulait « Je ne veux personne du SDIS au funérarium ». Le syndicat CFDT Interco 64 se bat depuis pour obtenir la reconnaissance de l'imputabilité au service de ce suicide. Les élus locaux font la sourde oreille.

 COMMUNIQUE DE PRESSE
du syndicat CFDT Interco64 maison de Pays Av. Gaston de Foix, MOURENX 64150

«sur le suicide par arme à feu de Mr Bernard CAZENAVE, contre la porte de son supérieur hiérarchique au SDIS de Pau» 
 
Le 30 juin 2009, Monsieur Bernard CAZENAVE se suicidait par arme à feu, à 7h23 du matin, contre la porte de son supérieur hiérarchique, sur son lieu de travail. Il laissait une lettre à sa famille dans laquelle il stipulait « Je ne veux personne du SDIS au funérarium ».
Dans le disque dur de son ordinateur professionnel, un téléchargement sur le harcèlement psychologique au travail a été trouvé datant du 29.12.2008 (soit 6 mois avant son suicide).
Pourtant, Mme Josy POUEYTO, présidente du SDIS des Pyrénées-Atlantiques réunissait la hiérarchie du SDIS, dont les présumés harceleurs, aux fins d'adopter lâchement une même attitude, à savoir que le suicide était motivé par des raisons familiales!
Parallèlement et de façon incompréhensive, malgré les éléments probants de l'enquête judiciaire réalisée dans le mois qui a suivi le suicide, le Procureur de la République de Pau classait sans suite le dossier! Pourtant l'enquête réalisée par les services de police rapportait les témoignages de collègues de Mr CAZENAVE selon lesquels le défunt indiquait: «si un jour tu vois un malheur sur le journal, tu pourras dire merci en haut (direction du SDIS) »... « je ne veux personne du SDIS à mon enterrement... »... « si on me trouve avec une balle dans la citrouille, il faudra remercier ....(ici le nom d'un des harceleurs) et les gens d'en haut (ici la direction)...»; d'autres collègues ont rapporté des faits graves tels que: « c'est normal, avec la pression qu'il avait.. »; « pour moi il a fait l'acte de désespoir dont il parlait de façon régulière pour faire réagir toutes les personnes qu'il a côtoyé, que ce soit sa hiérarchie et ses collaborateurs.. »; « plusieurs fois, nous l'avons entendu dire qu'il se tirerait une balle dans la tête, comme cela je serai tranquille...»; « je pense qu'en choisissant cet endroit-là, il a voulu faire passer un message... »; « le chef lui rentrait dedans sans arrêt... »; «le travail l'a poussé à bout, il s'est suicidé à cause du travail dont il était normal qu'il ne veuille personne (à son enterrement)... « ; «il s'était plaint de nombreux soucis rencontrés sur son lieu de travail... »; «ce malaise correspond à peu près à l'arrivée de Mr..... (autre présumé harceleur)»; ...ainsi de suite...
De façon inqualifiable, l'ancien procureur de la république de Pau n'a pas donné de suite à près de 70 pages d'enquête et de témoignages accablants. Erreur d'appréciation, ou opportunité d'un classement sans suite, Les puissants hiérarques ne sont pas inquiétés.

Le syndicat CFDT interco 64 a été saisi par la veuve de Bernard Cazenave pour être soutenue dans son combat pour la reconnaissance de l'imputabilité au service du suicide de son mari. La présidente du SDIS a agi insidieusement pour faire taire la CFDT, y compris en agissant directement auprès de François Chérèque. Ce qui a eu pour effet de motiver encore davantage le syndicat CFDT interco 64, d'ailleurs soutenu par la confédération CFDT et par la fédération CFDT Interco à Paris.

Des actions ont été menées par le syndicat (distribution de tracts le 14 septembre, conférences de presse...) des pétitions en soutien à la famille du défunt ont été signées en grand nombre par les pompiers des Pyrénées-Atlantiques (ce qui atteste des valeurs attachées à ce corps de métier- la CFDT les remercie chaleureusement),
Le 16 décembre 2010, sur l'insistance de la CFDT et de la veuve, la commission de réforme s'est réunie pour la 3ème fois et a émis un avis favorable à l'imputabilité au service du suicide de Mr Bernard CAZENAVE.
Or la Présidente s'était engagée par voie de presse à suivre l'avis de la commission de réforme, y compris auprès de la presse (voir articles de presse du 5 et 6 novembre 2010).
Après 4 mois de demandes de rendez-vous, Mme Josy POUEYTO a rencontré la CFDT le 10 janvier 2011. Elle est restée extrêmement fermée à notre demande de reconnaissance de l'imputabilité du suicide au service. Un délai lui était imposé par la CFDT pour connaître sa réponse.

La CFDT vient d'apprendre mercredi : « nous avons décidé tous ensemble (les membres du bureau du SDIS) de surseoir notre décision » que cette imputabilité n'était pas reconnue et que sa décision était habilement reportée vers la fin du mois de février en attendant la décision de poursuite ou de classement du nouveau procureur.
De sorte que les conséquences du suicide ne sont pas réparées (préjudices moraux de la veuve et des ayant-droits, préjudices financiers etc...).

Pour la CFDT, il n'est pas concevable qu'après 19 mois d'attente, les décisions permettant l'indemnisation attendue ne soient pas prises; il est également inconcevable que les présumés harceleurs ne soient toujours pas inquiétés et qu'ils pourront impunément prendre une collation lors de l'inauguration des nouveaux bâtiments du SDIS ce samedi 22 janvier 2011!
Il est enfin inconcevable qu'une élue politique, Mme Josy POUEYTO couvre par son inaction et son attentisme des faits de la plus haute gravité, au lieu de reconnaître immédiatement au vu des enquêtes accablantes l'imputabilité du suicide au service.
A ces divers titres, la CFDT ne décolère pas et indique lancer d'autres actions, y compris sur le plan de la justice administrative.
La CFDT attend avec impatience la décision du nouveau procureur de la république qui aurait dû exercer des poursuites au regard de la nouvelle procédure judiciaire diligentée par la SRPJ de Bordeaux. Les résultats de cette enquête sont
encore plus accablants. Elle a été déposée au parquet de Pau depuis près de 2 mois maintenant.
Attentisme étonnant une fois encore sur un dossier aussi tragique.

Pour le syndicat CFDT Interco 64, Mourenx le 21 janvier 2011

Le secrétaire adjoint
Contact si besoin pour la radio et la TV : 06 12 98 09 39
 

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