Après les émeutes et dégradations du 17 octobre 2026
La fédération CFDT Interco condamne fermement les saccages, apporte sa solidarité aux agents touchés et s’interroge sur le sous-dimensionnement des dispositifs de maintien de l’ordre
C’est avec une profonde consternation et une vive inquiétude que la France s’est réveillée ce dimanche 18 octobre après les graves violences et débordements survenus en marge des mobilisations du 17 octobre, qui ont durement touché de nombreuses villes du territoire. Cette fois-ci, en marge des cortèges et de l’expression pacifique d’une grande partie des manifestants, des groupes violents ont commis d’inadmissibles dégradations, dont les conséquences humaines et matérielles sont particulièrement lourdes : 997 agents des forces de l’ordre blessés, dont 7 gravement, tout comme des manifestants, 2397 interpellations, des centaines de commerces saccagés et/ou pillés, des administrations publiques assiégées, des bâtiments publics détruits par incendie.
Certains discours politiques irresponsables ont contribué à exacerber les tensions et à détériorer davantage les relations entre une partie de la population et les forces de l’ordre. Les violences, pillages et actes de vandalisme qui ont suivi ne peuvent toutefois trouver dans ce climat aucune justification.
Un message de solidarité
La fédération CFDT Interco, qui défend au quotidien les agents publics garants du pacte républicain, adresse un message particulier de solidarité à l’ensemble des collègues de la fonction publique territoriale et de l’État dont les lieux et outils de travail ont été dégradés ou détruits. Nous pensons tout particulièrement aux collègues de Limoges dont l’hôtel de ville historique a été lourdement endommagé par un incendie volontaire, à ceux de l’hôtel de ville de Marseille victimes d’intrusions et de saccages, aux personnels de la résidence préfectorale de Bordeaux saccagée, ainsi qu’aux agents des préfectures et mairies de plusieurs autres villes telles que Lille ou Angers. La fédération exprime également son soutien plein et entier aux sapeurs-pompiers mobilisés sans relâche face aux feux volontaires, dont certains ont subi des jets de projectiles intolérables alors qu’ils portaient secours.
La fédération CFDT Interco pointe du doigt un dispositif de maintien de l’ordre étonnement sous-dimensionné face à l’ampleur et à la violence des heurts. Cela interroge. En effet, les policiers mobilisés étaient plus nombreux à la réception du Pape. Des comptes devront être rendus et un retour d’expérience transparent devra être mené par le ministère de l’intérieur, car c’est la sécurité des policiers et gendarmes, personnels des services publics qui sont en première ligne face à ces heurts, mais aussi celle de la population et des biens qui est en jeu.
Le débat que certains appellent sur les doctrines et l’exercice du maintien de l’ordre ne doit occulter ni la violence extrême subie sur le terrain, ni le cadre légal et républicain qui régit l’action publique des forces de l’ordre.
La fédération CFDT Interco rappelle qu’à plusieurs reprises, ces derniers, en différents points sur le territoire national, ont subi des violences intolérables et des tentatives d’homicide volontaire. Nous rappelons également qu’une enquête IGPN ou IGGN ouverte ne signifie pas une mise en cause automatique, encore moins une condamnation et que la présomption d’innocence doit strictement s’appliquer à tous. Attachée à l’État de droit et de déontologie, la fédération condamnera avec fermeté tout abus caractérisé dans l’usage de la force.
La fédération CFDT Interco souhaite un bon et prompt rétablissement aux agents des forces de l’ordre et aux manifestants blessés, apporte son soutien aux agents de l’État et de la fonction publique territoriale qui ont perdu leurs locaux de travail, aux gérants et employés des commerces vandalisés, aux agents de voirie et de propreté des villes saccagées qui sont à pied d’œuvre pour rendre leur commune présentable.
Ni chaos ni refus d’écouter
La fédération CFDT Interco demande sans délai :
- L’ouverture immédiate de véritables négociations économiques et sociales pour répondre aux revendications de fond, afin de sortir par le haut de cette crise majeure
- Une réponse pénale sans précédent
- L’implication directe et immédiate de l’État pour aider les services publics saccagés et les agents impactés.