A la recherche de la cohérence perdue au ministère de la Justice

Déclaration liminaire CFDT au Comité Social Ministériel du 7 avril 2026

Le ministère de la Justice négocie beaucoup, il faut le souligner, mais sur le terrain, les effets de ces négociations peinent malheureusement à se concrétiser pour les agents.

A l’heure où ce CSA ministériel va étudier les textes relatifs aux élections professionnelles qui auront lieu au mois de décembre, la CFDT souhaite vous conter l’histoire de la recherche de la cohérence, tel un Graal inaccessible.

Histoire aux multiples rebondissements face à ce que certains au sein de cette administration nomment chastement des « irritants ».

L’absence de cohérence, les agents de la PJJ la subissent à nouveau. Encore une fois, on change tout vite, fort, et sans écouter personne : le 1er septembre, les CEF publics et les UEHC deviendront des UJPE. Une transformation annoncée comme une révolution éducative…

Mais sur le terrain, cela ressemble surtout à une réforme précipitée, confuse et sans boussole. Une réforme décidée d’en haut…

Sur le papier, on nous parle d’opportunité, de convergence, de continuité. Dans la réalité : aucune concertation avec les agents et les cadres qui découvrent les textes en même temps que les représentants du personnel, tous sont mis devant le fait accompli.

C’est une réforme menée à marche forcée, sur un calendrier intenable, avec des promesses de moyens qui relèvent du vœu pieux : un professeur technique, un infirmier pour chaque unité ? Très bien, mais où sont-ils ?

Aujourd’hui déjà, les postes vacants s’accumulent. Alors recruter 65 infirmiers et 65 professeurs techniques en quelques mois, c’est de la pure fiction administrative.

Le résultat est prévisible : des UJPE ouvertes sans ces effectifs, des nuits non doublées, des agents sous pression, et des conditions de sécurité dégradées pour les jeunes comme pour les professionnels.

Et cela n’est pas mieux du côté bâtimentaire : des locaux inadaptés, des délais irréalistes. On promet aux agents des aménagements, des ateliers, des infirmeries…Mais combien de sites sont réellement prêts ou adaptables à cette transformation ? Combien de chantiers seront livrés à temps ? Encore une fois, la PJJ transforme sans avoir les moyens de ses ambitions (ou de celles du Garde des sceaux ?).

Finalement ce seront les équipes qui devront gérer des jeunes aux statuts multiples, avec des cadres judiciaires contradictoires, et sans moyens nouveaux.

Ainsi à la fin, ce sera comme toujours le terrain qui ramassera les morceaux.

La CFDT le dit sans détour : une réforme d’une telle ampleur exige du temps, des moyens et le respect des agents.

La cohérence, nous la recherchons également au sein de l’administration centrale où les chantiers relatifs à la réorganisation du numérique et de l’immobilier ont été lancés.

Le périmètre de réorganisation reste encore peu précis ce qui inquiète les agents et interroge sur les buts poursuivis.

Parlerons-nous de la future direction générale pour les services judiciaires et de sa direction pour les usagers et les victimes ?

De grands projets mais qui tient la boussole ? Espérons que ce ne soit pas le même capitaine que pour la réorganisation de la DGAP, pour laquelle nous attendons encore que les équipes soient renforcées.

La cohérence, la CFDT la recherche également aux services judiciaires où pour financer le budget du ministère, la vieille formule du timbre fiscal est réapparue.

Sans aucune préparation, sans aucune anticipation, sans consigne, sans texte réglementaire, bref rien à part des agents qui dans les juridictions doivent faire face aux justiciables et avocats avec cette nouvelle exigence.

Cohérence que nous recherchons également dans la suite des réformes statutaires qui ne vient pas.

Les discussions sur la réorganisation des juridictions ont totalement disparu de l’agenda social.

Le comité de suivi de la réforme des greffes a eu lieu le 24 mars et celui de la réforme des DSGJ est convoqué pour le 14 avril.

Mais hormis cela, plus de son ni d’image pour la suite des discussions.

La DSJ aurait-elle perdu cette ambition ?

Ce n’est certainement pas le cas de la CFDT, qui exige que ces discussions soient programmées rapidement par la DSJ.

Oserons-nous parler de cohérence à la DGAP ?

A l’ordre du jour nous n’avons qu’un document censé valoir bilan du rattachement de l’ATIGIP à la DGAP, document non chiffré et étayé par aucune annexe.

Aucune mention sur le protocole d’Incarville toujours non appliqué. Fort heureusement, la CFDT sera prochainement auditionnée par une mission conjointe du ministère de l’intérieur et du ministère de la justice sur les extractions judiciaires.

Les inspecteurs seront sans doute très intéressés par ces éléments et par la réalité des extractions judiciaires.

Le défi ultime de la cohérence revenant à la surpopulation carcérale – face à l’injonction populiste de toujours plus incarcérer – qui rencontre la nécessité de le faire à la hauteur de nos moyens.

Défi qui reste le quotidien des agents puisque la partie de la loi SURE relative à ce point (mécanisme de régulation) n’est pas encore étudiée par l’assemblée nationale.

Et nouvel épisode de cette recherche de cohérence, la constitution d’une filière technique ministérielle sans y mettre les moyens.

Avec une actualité, la publication de la FAQ le 3 avril dans l’espace intranet du ministère de la Justice.

Cette foire aux questions qui n’a semble-t-il été diffusée à personne.

Une timidité de vos services peut-être, puisque le manque d’ambition dénoncé par la CFDT y est affiché : 

Entre 2026 et 2029, un dispositif exceptionnel de promotions au choix dans le corps des techniciens du ministère de la justice est mis en place. 100 agents pourront être promus sur une période de 4 ans, soit 25 agents par an.

Seulement 25 promotions d’adjoints techniques en catégorie B à partager entre le Secrétariat général, la DSJ, la DPJJ et nos différents opérateurs.

On avait la recherche du Graal et maintenant il ne manque plus que Excalibur dans son rocher pour chercher l’élu qui sera promu.

Soyons sérieux, est-ce ainsi que ce ministère pense constituer une filière technique ?

La CFDT demande à nouveau une hausse conséquente de ce nombre de promotions et que les directions travaillent enfin à une réelle cartographie de cette filière sur leur périmètre.

Bref, au ministère de la Justice, pour la recherche du Graal de la cohérence on est plus proche de la série Kaamelott que de la légende arthurienne.

Déclaration liminaire CFDT au Comité Social Ministériel – 7 avril 2026

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