Enfin un nouvel accord de classification de la branche des services funéraires !
Le 28 avril 2026, la CFDT a signé l'accord de classification... 30 ans après le précédent en 1996 !
Il aura fallu presque 8 ans de négociation pour arriver à une refonte complète du système de classification dans la branche des services funéraires. Au point mort depuis 2024, ce n’est que par une énième relance finement impulsée par la CFDT en juin 2025 que ces négociations ont finalement abouti le 28 avril 2026. La quasi-totalité des organisations syndicales, dont la CFDT, et les organisations patronales ont posé leur signature, 30 ans après le précédent accord de classification… de 1996 !
Pourquoi le nouvel accord classifications pour la branche des services funéraires est-il historique ?
Le syndicalisme, c’est un engagement de longue haleine. S’il fallait un exemple pour l’illustrer, ce serait celui de l’accord classification de la branche des Services funéraires.
Saluons d’abord les 2 générations de militants CFDT qui se sont succédées pour faire naître cet accord. L’instant est même historique : 30 ans – presque jour pour jour – séparent cet accord du précédent ! « Cela méritait bien une photo ! » conviennent en chœur Pascaline Bringard et Julien Boschage, les négociateurs CFDT qui ont pris le relai en 2025 d’une négociation qui allait retomber dans l’oubli. Le soulagement et la satisfaction sont palpables en cette journée du 28 avril dans les locaux de la fédération CFDT Interco. Les militants saluent par ailleurs l’accompagnement renforcé de Cédric Tassin et de Fabienne Chambon, respectivement secrétaire fédéral et secrétaire nationale, en charge des champs du privé au sein de la fédération CFDT Interco.
Cet accord est le fruit d’un travail très fortement impulsé par la CFDT depuis des années, et a mobilisé non seulement les représentants syndicaux et patronaux de la branche, mais aussi nos instances internes CFDT. En effet, la Commission nationale professionnelle (CNP) s’est elle-même pliée longuement à l’exercice de cotation métier et a contribué à la rédaction des fiches emploi-repères. La CNP a apporté une vraie valeur ajoutée à cet accord.
Seule la CGT n’a pas joué le jeu de l’intersyndicale menée par la CFDT.
Mais revenons en arrière et exhumons le passé. L’ancien système de classification datait de 1996 et établissait 12 subdivisions de classification reposant sur seulement 3 critères classants. Chaque critère faisait l’objet de descriptions parfois subjectives, peu lisibles ou insuffisamment précises, aussi bien pour les salariés que pour les employeurs.
Le nouvel accord classifications pour la branche des services funéraires : des droits nouveaux pour les salariés
Cet accord marque une avancée importante pour la branche des services funéraires. Il met en place une nouvelle méthodologie de classification fondée sur une cotation objective des emplois à partir de critères transparents (responsabilité, autonomie, dimension relationnelle, technicité). Ce dispositif permet enfin de répondre à une question essentielle pour les salariés : « pourquoi suis-je classé à ce niveau ? », en apportant des éléments concrets, vérifiables et opposables. Les salariés peuvent ainsi bénéficier d’un droit à l’information sur leur classification.
-> La CFDT souligne également la reconnaissance effective de la réalité des emplois et des activités exercées, en cohérence avec les évolutions du secteur. La prise en compte des activités réellement réalisées, et non plus uniquement des intitulés de poste, constitue une avancée majeure pour la reconnaissance des qualifications et des parcours professionnels.
Par ailleurs, l’introduction d’un mécanisme clair de prise en compte de la polyvalence, notamment à travers des dispositifs de compensation et de requalification des emplois en cas de polyvalence durable, répond à une revendication forte de la CFDT visant à mieux reconnaître les pratiques réelles de travail dans la branche. Le texte prévoit également un dispositif de reconnaissance de la polyvalence temporaire.
Que pense la CFDT du nouvel accord classifications pour la branche des services funéraires ?
La nouvelle grille à 10 niveaux issue de cette négociation permet une meilleure structuration des parcours professionnels et une valorisation plus adaptée des emplois, en phase avec les réalités économiques et organisationnelles du secteur des services funéraires.
Pour autant, ce positionnement favorable s’accompagne d’une exigence forte quant à la mise en œuvre de cet accord dans les entreprises.
-> La CFDT sera particulièrement vigilante à ce que les employeurs ne se limitent pas à un simple exercice de transposition ou de comparaison mécanique entre l’ancienne et la nouvelle grille, ni à la seule transposition brute des fiches emploi-repère. L’esprit de l’accord impose un véritable travail de décorticage et de cotation des emplois réellement exercés, condition indispensable à son effectivité et à son équité.
-> De la même manière, la CFDT sera attentive au respect des engagements pris dans le cadre des négociations annuelles obligatoires, notamment en ce qui concerne la mise en place effective de la nouvelle grille de classification à 10 niveaux et son articulation avec les salaires minima de branche des services funéraires.
-> La CFDT rappelle que cet accord, qui sera obligatoirement applicable au plus tard le 1er avril 2027, constitue un socle, dont la portée dépendra pleinement de la qualité de son déploiement dans les entreprises et du dialogue social qui l’accompagnera.
-> Enfin, la CFDT considère que le délai trentenaire ne doit s’appliquer qu’aux concessions funéraires et non à l’amélioration des droits des salariés ! Alors rendez-vous dans 5 ans pour la renégociation des classifications !
Julien Boschage, Cédric Tassin et Pascaline Bringard, négociateurs de la CFDT pour cet accord

Les négociateurs des organisations patronales et syndicales de la branche des Services funéraires