Sécurité civile : protégeons ceux qui nous protègent
Communiqué de presse de la fédération CFDT Interco daté du 23 juillet 2026
À la mi-juillet 2026, ce sont plus de 50 000 hectares (forêt de Fontainebleau, massifs du Var, de la Drôme à la Corse) qui ont déjà été ravagés par les flammes, un record absolu. Trois sapeurs-pompiers ont perdu la vie depuis le début de l’été. Trois !
Devant l’ampleur de la catastrophe, la mobilisation des femmes et des hommes qui combattent le feu est totale, exemplaire, souvent héroïque. Pourtant, l’héroïsme ne doit pas remplacer les moyens.
La CFDT dénonce
Alors que le territoire est de plus en plus vulnérable par le dérèglement climatique, la CFDT dénonce :
- Des effectifs sous tension permanente qui doivent être protégés
- Des équipements de protection individuelle inadaptés
- Une flotte aérienne vieillissante et insuffisante
La CFDT revendique
Face à cette situation inacceptable, la CFDT appelle à des mesures immédiates et structurelles :
- Renforcer les effectifs de sapeurs-pompiers professionnels, améliorer leurs conditions d’emploi et leur sécurité qui doit être une priorité
- Les équiper de protections individuelles et collectives adaptées
- Mettre en place un financement pérenne et équitable des SDIS, qui ne peut reposer indéfiniment sur les seules collectivités territoriales
- Renforcer d’urgence la flotte aérienne de la sécurité civile, avec une mixité des appareils, un plan pluriannuel contraignant et financé
- Protéger et renforcer nos services publics essentiels et ceux qui le font vivre
Des effectifs sous tension permanente qui doivent être protégés
Ces femmes et ces hommes méritent notre respect le plus total car aujourd’hui ce sont eux qui compensent les carences des sous investissements chroniques.
Car ces feux de forêt ne relèvent plus de l’exceptionnel. Ils sont devenus un risque courant, prévisible, récurrent et à ce titre, ils doivent être couverts par des moyens pérennes, dimensionnés et professionnels.
La CFDT réaffirme qu’il manque des sapeurs-pompiers professionnels pour assurer une réponse opérationnelle quotidienne à la hauteur des risques actuels. Pendant ce temps, les budgets des services d’incendie et de secours stagnent, les collectivités territoriales n’arrivent plus à pallier l’explosion des coûts opérationnels et les pompiers professionnels doivent poser des vacances pour lutter contre les feux de forêts.
Des équipements de protection individuelle inadaptés
Depuis la publication du rapport CNRACL, la CFDT dénonce l’absence de protection respiratoire pour les pompiers. Ils font face à des gaz toxiques et mortels et ne disposent même pas de détecteurs de gaz toxiques. Par ailleurs, la CFDT s’interroge sur l’efficacité de l’autoprotection de nos engins. Trop d’engins brûlent.
La CFDT n’a de cesse de dénoncer une flotte aérienne vieillissante et insuffisante
La France ne dispose que de 12 Canadairs, dont la moyenne d’âge avoisine 30 ans.
Le chiffre mérite qu’on s’y arrête : il y a trente ans, au milieu des années 1990, la sécurité civile alignait déjà 12 Canadairs CL-215, auxquels s’ajoutaient 12 Trackers Firecat et 2 Fokker 27, soit 26 appareils bombardiers d’eau en tout. Aujourd’hui, avec un territoire bien plus exposé et des feux bien plus intenses, la France opère… 12 Canadairs et 8 Dash 8. En trois décennies, les risques ont explosé. La flotte, elle, a régressé en nombre d’appareils actifs.
Les promesses présidentielles de renouvellement de la flotte peinent à se concrétiser sur le terrain pendant que les pompiers sont sans soutien aérien face au feu. Une honte pour un pays qui a un savoir-faire reconnu dans le monde entier.
Un territoire de plus en plus vulnérable
Le dérèglement climatique étend chaque année un peu plus la carte des risques. En 2026, 54 départements ont été placés simultanément en danger élevé à très élevé, autre record. Avant cette année, le maximum observé était de 29 départements. Ce qui était un risque méditerranéen est désormais un risque national.
Ce triste record met aussi en lumière des années de sous-investissement et de politique de l’autruche dans les services publics essentiels, dont celui de l’eau. La sécurisation de la ressource et des infrastructures de défense incendie ne peut plus être considérée comme une variable d’ajustement.
On ne peut pas demander aux pompiers de faire face à des feux toujours plus violents tout en fragilisant les services publics qui garantissent l’accès à l’eau. L’eau est un bien commun et un enjeu de sécurité civile. Il est urgent d’investir dans les réseaux, les réserves d’eau et les équipements des collectivités plutôt que de laisser les territoires gérer seuls les conséquences du dérèglement climatique.
Protégeons ceux qui nous protègent !
Communiqué de presse CFDT Interco – Protégeons ceux qui nous protègent – 23 juillet 2026